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L'Europe paie le prix fort pour ses stocks de gaz au plus bas
information fournie par Zonebourse 13/10/2026 à 14:54

Le marché européen du gaz a connu une semaine de forte tension, porté par des stocks historiquement faibles et une compétition accrue pour les cargaisons de GNL mondiales. Le reste des matières premières a évolué dans l'ombre de ce choc gazier.

Le TTF novembre s'envole de 17,9% à 86,65 EUR/MWh sur une semaine, signant le mouvement hebdomadaire dominant. L'Europe entame la saison de chauffage avec ses stocks de gaz les plus faibles depuis plusieurs années, et les opérateurs ont rapidement intégré le risque d'un marché plus tendu cet hiver. Plusieurs méthaniers transportant du GNL depuis l'Atlantique ont été redirigés vers l'Europe plutôt que vers l'Asie, attirés par la prime offerte par un marché régional sous tension. Si les achats asiatiques venaient à rebondir, la compétition pour les cargaisons disponibles s'intensifierait encore, ce qui explique l'ampleur de la réaction des prix.

Le Henry Hub novembre ne progresse que de 2,4% à 3,14 USD/MMBtu, un gain bien plus modeste que son homologue européen. La dynamique américaine est en réalité contrastée : vendredi dernier, les prix avaient atteint leur plus haut niveau depuis deux semaines, soutenus par la réduction de la production dans le golfe du Mexique à l'approche de l'ouragan Isaias. Mais lundi, le contrat a cédé environ 3%, les prévisions de températures plus clémentes la semaine suivante pesant sur les anticipations de demande. La production quotidienne est tombée à son plus bas niveau en quatre mois, et les flux vers les terminaux d'exportation de GNL ont atteint un plus haut de cinq mois, deux facteurs qui ont limité le repli sans suffire à l'enrayer.

Matières premières agricoles en repli

Le blé de décembre recule de 3,5% à 668,25 USc/bu (cents américains par boisseau), malgré une actualité fondamentale dense. Les négociations autour d'un cessez-le-feu russo-ukrainien dans le secteur de l'énergie, annoncé par Donald Trump mais non confirmé par Kiev ni par Moscou, ont alimenté les espoirs d'une reprise des exportations maritimes en mer Noire. Ces perspectives de normalisation des flux ont pesé sur les cours, même si les espoirs se sont rapidement amenuisés. En sens inverse, un appel d'offres algérien et la hausse des prix à l'export du blé russe - à 268 USD/tonne FOB selon le cabinet IKAR - ont offert un soutien partiel, permettant un rebond technique lundi après trois séances de baisse. Les exportations ukrainiennes restent fortement perturbées, en recul de 36,6% en septembre sur un an.

Le maïs de décembre suit le blé dans son repli, cédant 3,4% à 480,25 USc/bu. L'USDA a projeté en fin de semaine dernière une récolte américaine supérieure aux attentes, et des conditions météorologiques majoritairement sèches dans le Midwest ont accéléré les moissons. Lundi, un rebond technique et des rachats de positions vendeuses ont temporairement soutenu le contrat après que les prix ont touché leur plus bas niveau en deux mois, mais le mouvement n'a pas suffi à effacer les pertes accumulées.

Le Brent décembre gagne 4,7% à 105,0 USD/bbl, porté par les tensions géopolitiques liées au conflit avec l'Iran. La capacité de Donald Trump à faire baisser les cours par la seule pression verbale s'érode à mesure que la guerre s'enlise, exposant davantage les prix à une escalade du conflit. Lundi, le Brent a brièvement dépassé 106 USD/bbl après des frappes, avant de refluer en début de séance mardi. L'or, de son côté, progresse de 1,3% à 4 190 USD/oz, soutenu par son statut de valeur refuge dans un contexte géopolitique chargé, les marchés attendant par ailleurs les prochaines données sur l'inflation américaine pour affiner leurs anticipations sur la trajectoire de la Fed.

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